Livret A : Polémique sur le doublement du plafond des versements

Publié le jeudi 10 mai 2012,
par FT

François Pérol, patron du groupe bancaire français BPCE, a estimé jeudi que le doublement du plafond du Livret A, voulu par François Hollande, ne serait pas très utile mais serait une mesure coûteuse pour l’Etat.

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Livret A : le doublement du plafond jugé pas très utile et coûteux selon Pérol

Dans ses 60 engagements, M. Hollande souhaite que soient construits dans le quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, grâce au doublement du [a[livret A]a].

"Je ne suis pas sûr que ce soit une mesure très utile mais nous sommes, par définition, prêts à en discuter", a déclaré jeudi M. Pérol sur BFM business.

"C’est une mesure qui sera coûteuse pour les finances publiques puisque cela ne va pas générer d’épargne supplémentaire, cela va simplement faire que les Français vont transférer de l’épargne qui, aujourd’hui, est fiscalisée sur un produit qui nel’est pas, le Livret A", a-t-il relevé.

"Ceux qui sont au plafond, il n’y en a pas beaucoup —il y a 9% de nos clients qui sont au plafond, ces 9% ont 50% des encours. Ceux qui ont 15.000 euros d’épargne ailleurs, ils vont la prendre et la mettre sur leur Livret A".

Un porte-parole du groupe a précisé à l’AFP que ce chiffre de 9% concerne la totalité des banques françaises. Pour le groupe BPCE, 7% des livrets A sont au plafond et représentent 35% des encours.

Le Livret A, qui permet une épargne totalement défiscalisée, est actuellement plafonné à 15.300 euros et bénéficie d’une rémunération de 2,25%. Son encours, centralisé par la Caisse des dépôts et utilisé pour financer le logement social, atteignait 224 milliards d’euros à fin mars.

Historiquement distribué par la Caisse d’épargne et La Poste, le Livret A peut être proposé par tous les établissements de crédit depuis le 1er janvier 2009. Au 31 décembre 2010, la France comptait près de 59,5 millions de livrets A, selon le rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée.

Logement social : Le souci ne serait pas lié à son financement ?

"Je ne sais pas exactement ce que l’on poursuit. On dit +on va financer le logement social+. C’est très bien. Le problème du logement social, ça n’est pas le financement", a souligné M. Pérol. "Le problème du logement social, c’est l’offre, c’est la disponibilité de terrains, c’est la capacité de construire".

"Aujourd’hui les [a[fonds]a] du Livret A sont centralisés à la Caisse des dépôts qui a largement, largement de quoi financer le logement social en l’état actuel de l’offre aujourd’hui et demain", a-t-il poursuivi, ajoutant qu’"il y a 30 milliards qui sont parfaitement disponibles aujourd’hui à la Caisse des dépôts pour cela donc je nesais pas si c’est très utile" de doubler le plafond.

Taux du livret A : Les épargnants attendent une revalorisation !

"L’autre question, c’est le taux", a-t-il noté. "C’est une question qui relève des autorités, à elles de décider quel est le bon taux et ça, ça concernera tous les épargnants", a commenté M. Pérol.

Actuellement à 2,25%, avec une inflation proche des 2% le rendement réel du livret A est proche de 0. Or, d’après les engagements pris la rémunération du livret A devait assurer aux épargnants un rendement minimum de leur épargne. Que fera alors le nouveau gouvernement ? Le taux du livret passera-t-il à 2,75% au 1er août ? Pas sûr...